L’Afrique, le désintérêt pour l’intellect et le manque de partage ? - Diagnostic et pistes concrètes
Résumé
L’Afrique dispose d’un potentiel humain et d’initiatives numériques prometteuses. Pourtant, de nombreux facteurs, culturels, institutionnels et économiques, limitent l’engagement scientifique collectif et le partage d’idées. Loin d’être une simple question d’attitude individuelle, le problème réside dans un écosystème de savoir qui ne valorise pas suffisamment l’échange, la curiosité et la communauté. Cet article expose les causes, en montre les conséquences concrètes, puis propose des leviers actionnables pour réactiver une culture du partage intellectuel sur le continent.
1. Le constat : un écart entre travail-emploi et culture du savoir
Dans de nombreuses villes africaines, les priorités individuelles se concentrent sur l’employabilité immédiate et la sécurité financière. Cette orientation pragmatique, tout à fait légitime dans des contextes d’incertitude économique, a pour effet secondaire une faible participation aux activités académiques non directement rémunératrices (séminaires, colloques, clubs de sciences, publications ouvertes). Autrement dit : on recherche souvent « un travail » avant de cultiver « un savoir partagé ». Cette tendance n’est pas seulement anecdotique : elle coïncide avec des indicateurs structurels. À titre d’exemple, la part des dépenses consacrées à la recherche et développement (R&D) dans de nombreux pays d’Afrique subsaharienne reste très faible, souvent bien inférieure à 1 % du PIB. (Source nacosti.go.ke)
Bien que la population de la région représente environ 14 % du total mondial, elle compte seulement environ 0,7 % des chercheurs mondiaux (en 2018) selon des données de UNESCO. ( Unesco.org )



